Formats de Fichiers


Hasselblad raw-3f

Le format de fichier Hasselblad raw-3f, "Flexible-File-Format", est une extension de la norme TIFF propre à la société Hasselblad.

Il encode et encapsule : 

  • l'image "brute-de-scan" (raw 16-bit par canal colorimétrique)
  • l'historique complet des traitements effectués sous FlexColor
  • une imagette pour prévisualisation rapide sous FlexColor
  • les méta-données IPTC pour permettre l'indexation de l'image en base de données.

C'est le format d'encodage des images en sortie directe du scanner. Les images ainsi encodées peuvent être post-traitées directement sous ce format grâce au logiciel FlexColor de Hasselblad ou être importées pour édition sous Adobe Photoshop à l'aide d'un plugin spécifique. Les réglages entrepris sous FlexColor permettent de compenser le profil colorimétrique du film scanné alors que Photoshop permet d'aller bien au-delà, notamment de masquer les artefacts résiduels de rayures et poussières. La particularité intéressante des travaux de post-traitement effectués sous FlexColor est qu'ils n'affectent pas l'image "brute de scan" embarquée dans le fichier Hasselblad raw 3f. Les paramètres réglés lors d'une session de travail sont organisés pour former un bloc d'enregistrement dans un "historique de jeux de réglages". Cet historique est mis à jour chaque fois que l'utilisateur de FlexColor déclenche une sauvegarde ou un export vers TIFF. Les réglages courants de FlexColor peuvent être réinitialisés sur la base d'un quelconque enregistrement figurant dans l'historique des réglages du fichier raw-3f. Ce n'est que lorsque l'utilisateur procède à une exportation que FlexColor applique les réglages courants à l'image produite et à elle seule. L'exportation se fait toujours vers un format TIFF. Il est donc possible de générer autant de rendus différents en TIFF qu'on le souhaite à partir d'un même fichier raw-3f. Il est évidemment possible d'enregistrer un jeu de réglages neutre, toutes courbes linéaires, afin de produire une version numérique exacte de l'image brute couchée sur le film photographique.

En conclusion, le raw-3f est le seul format qui embarque à la fois la véritable image "brute-de-scan", dans toute sa précision, tout en encapsulant au moins un jeu de réglage colorimétrique. C'est le format idéal pour tout utilisateur désireux de maintenir un flux de travail 3f personnalisé sous FlexColor afin d'exporter autant de fichiers TIFF que de rendus souhaités, étant entendu que les post-traitements localisés devront être effectués à l'aide d'autres éditeurs d'image, comme Photoshop.

Note

Le logiciel FlexColor est téléchargeable gratuitement depuis le Support Technique Hasselblad.

Le plugin pour Photoshop qui permet d'importer les fichiers au format Hasselblad 3f (suffixe en "fff") est également téléchargeable gratuitement depuis cette même URL.


TIFF

Le format TIFF-6.0 a été conçu pour porter une image brute et corrigée en colorimétrie, telle que délivrée en sortie d'un appareil de capture d'image. Il est structuré de façon à s'adapter idéalement à l'encapsulation de cette image principale et de l'ensemble de ses métadonnées descriptives. Il permet également d'encapsuler une ou plusieurs imagettes (thumbnails) à des fins de prévisualisation rapide.

Ce format peut également être considéré comme le grand standard pour transporter une image en pleine qualité dans une chaîne de post-traitement. La version de base de cette norme (baseline TIFF) peut être enrichie par de nombreuses extensions normalisées qui lui ajoutent des caractéristiques spécifiques. C'est par exemple le cas du format Adobe-DNG. Il faut toutefois noter que, contrairement à la version "baseline TIFF", les extensions ne sont pas toutes prises en charge par l'ensemble des logiciels de retouche d'image. De plus, les métadonnées incluses dans la version TIFF de base sont déjà très complètes.

Spécification Technique TIFF-6.0 


DNG

Le format DNG (Digital NeGative) est une extension de la norme TIFF définie par Adobe. Ce format a été conçu dans le but de résoudre les problèmes de compatibilité liés à la diversité des formats raw propriétaires qui sont produits en sortie d'équipements (APN, scanners, etc). Il est donc censé devenir un format raw générique, dans lequel Adobe a inclus un certain nombre de caractéristiques manquantes à la plupart des fichiers raw propriétaires. La vocation principale du format DNG était de s'imposer comme le standard pour encoder un équivalent numérique de la pellicule, communément appelée "Négatif".

Adobe continue d'ailleurs de faire évoluer ce format. Malheureusement, peu de constructeurs de matériels l'ont adopté, préférant continuer de promouvoir leurs propres fichiers raw. Notons également que DNG n'est encore que partiellement supporté par les logiciels d'éditions d'image concurrents d'Adobe.

Note

Le format raw-3f, format original des images "brutes de scan" en sortie des scanners Hasselblad, ne peut pas être converti directement au format DNG. La seule façon d'y parvenir est de passer par une étape préliminaire d'exportation vers un fichier TIFF depuis FlexColor, puis de convertir ce TIFF résultant en DNG.

Spécification Technique DNG 


JPEG-2000

Le format JPEG-2000 de base (ISO/IEC 15444-1) s'appuie sur un système d'encodage d'image utilisant des techniques de compression binaire basées sur la transformée en ondelettes. La qualité de l'image principale encodée est paramétrable, selon spécification d'exigence sur le poids binaire du fichier résultant et de la tolérance aux pertes éventuelles d'information.

Ce standard permet de compresser les données de l'image principale sans perte d'information (lossless) tout en conservant la profondeur de couleur originale du "brut de scan" (16-bits de quantification pour chaque primaire R, V, B). Dans cette configuration, le ratio de compression est relativement faible, mais la pleine qualité de l'image scannée est conservée.

La conversion vers JPEG-2000 implique également une étape préliminaire d'export en TIFF du fichier Hasselblad raw-3f, opération réalisable avec FlexColor, puis conversion dans un deuxième temps du fichier TIFF obtenu vers un le fichier final JPEG-2000.

Comparaison entre JPEG et JPEG-2000

Si le JPEG standard (1992) s'est imposé comme le format d'échange par défaut pour les images compressées en poids binaire, il ne faut pas oublier que ce standard ne permet pas d'encoder la pleine qualité des images numériques produites. Outre la perte d'information inhérente à son principe de compression binaire, sa grande lacune vient de la faible profondeur de couleur qu'il permet d'encoder (8-bits par primaire R,V,B). Même si la non-linéarité introduite par l'expansion gamma (1/2.4) permet d'adapter la précision relative de quantification des signaux primaires aux caractéristiques sensorielles de l'oeil humain, c'est-à-dire d'augmenter la précision de codage des tons sombres, ceci se fait au détriment des tons moyens et plus encore des zones de l'image dites "haute lumière". La réduction à 8-bits de quantification par canal imposée par ce standard devient rédhibitoire pour un usage où la préservation de la qualité originelle est une exigence critique. Une première conséquence est l'inadaptation du JPEG classique à la retouche d'image. Plus généralement, cette insuffisance de précision dans l'encodage des teintes et de la luminance réduit la gamme dynamique, ou palette de couleurs discernables, à un niveau inacceptable au regard de la qualité des signaux d'image générés par les équipements haut de gamme du secteur de la photographie.

La plage dynamique du scanner Hasselblad Flextight-X5 atteint pratiquement 16-stops (Dmax 4.9) en sortie d'imageur, ce qui permet de couvrir l'écart densitométrique des meilleures émulsions argentiques. Afin de préserver cette richesse en profondeur de couleur tout en proposant une compression du poids binaire de l'image numérisée, il fallait envisager un autre principe d'encodage que le JPEG classique.

C'est justement la raison d'être du JPEG-2000.

JPEG-2000